Posted by on Nov 20, 2014 in Art, Books, Care, Dance, France, Ideas, Idées, Music, Now, Peace, Sci/Nat, Women | 0 comments

Another way to be and to think — Une autre manière d’être et de penser

Claudie Hunzinger - Photo Françoise Saur

Claudie Hunzinger – © Françoise Saur

Claudie Hunzinger est écrivain et artiste. Elle vit en Alsace dans les montagnes des Vosges depuis 1964.
Wikipédia (en Français)

ENGLISH TRANSLATION BELOW

Interview sur Hors-Champs (France Culture)

Question (Laure Adler): Une dissolution?
Réponse (Claudie Hunzinger): C’est quelque chose comme ça la solitude. Il y a quelque chose d’infiniment merveilleux qui peut vous attirer très loin, qui est le fait qu’on se quitte soi-même. Quand on est seul, on perd son identité. On se déploie dans tout ce qui vous entoure, on devient ce qui vous entoure.
On peut devenir la maison si on est à l’intérieur, on se dilate et on prend toute la place; c’est un peu une expérience très “Alice,”
Et si on est à l’extérieur, on devient absolument ce qu’on voit. On devient l’air, on devient les forêts, on devient l’herbe, et c’est un sentiment très puissant, très reposant aussi.
L’élément humain… on devient un élément étranger, et quand je quitte la montagne et que je me retrouve à Paris, il me semble que j’entre dans l’élément humain, et que l’élément humain est un élément étranger. Que je suis, que j’appartiens à la montagne, que j’appartiens aux bêtes, que j’appartiens aux plantes, et que je me rétrécie que je rentre en moi-même et que je suis en face de ce micro…


Question
(Laure Adler): Quand vous dites que la montagne vous appartient, elle vous appartient sensoriellement? Elle vous a capturé?
Réponse (Claudie Hunzinger): Sensoriellement. J’en fais partie. C’est quelque chose qu’on sent, c’st quelque chose qu’on remarque. C’est un bien–être.

Le désir doit rester une fenêtre ouverte sur la nuit, sur sa foule d’étoiles.
La Survivance (2102)


Claudie Hunzinger - Photo Françoise Saur

Claudie Hunzinger – © Françoise Saur

Claudie Hunzinger is a writer/artist who has been living in the mountains of Alsace since 1964.

Question (Laure Adler): A form of dissolving?
Answer (Claudie Hunzinger): It is something like that, solitude. There is something infinitely marvelous that can draw you forth very far in the sense that one leaves oneself behind. When we are alone, we lose our identity. We spread out into everything that surrounds us, we become what surrounds us.
We can become a house if we are indoors. We blow up and take all of the space; it is a bit like an “Alice experience.”
And if one is outside, one becomes absolutely what one sees. We become the air, we become the forests, one becomes the grass, and it is such a powerful feeling, very relaxing too.
The human element… we become a foreign element, and what I become when I leave the mountain and I find myself in Paris, it seems that I enter the human element, and that the human element is a foreign element. That I am, that I belong to the mountain, that I belong to the animals, that I belong to the animals, and that I shrink and re-enter inside myself when I face this microphone…

Question (Laure Adler): When you say that the mountains belongs to you, do you mean that you do on a sensory level? It has taken over?
Answer (Claudie Hunzinger): On a sensory level. I belong to it. It is something one feels, something one notices. A well-being.
Desire must remain a window open onto the night, with its multitude of stars.
La Survivance (2102)